Yang Jiang, après avoir longtemps vécu dans l'ombre de son mari, Qian Zhongshu (1910-1998), s'est révélée au public occidental, depuis vingt ans, comme un des meilleurs témoins de l'humiliation infligée aux intellectuels sous le régime communiste.
Yang Jiang, dont le nom d'origine est Yang Jikang, est née à Pékin le 17 juillet 1911, dans une famille de huit enfants, originaire de Wuxi (Zhejiang), dont elle était la quatrième fille. Son père, Yang Yinkang (1878-1945), grand amateur de phonologie antique, fut un homme de loi célèbre, qui s'essaya un temps au journalisme et à la politique. La plus jeune de ses sœurs, Yang Bi (1922-1968), a traduit notamment Thackeray et Maria Edgeworth. Yang Jiang a passé sa prime enfance à Pékin et à Shanghai, et aussi à Suzhou (Zhejiang) où elle accomplit sa scolarité secondaire et une partie de son cursus supérieur. Son père l'ayant dissuadée de faire son droit, elle tâtera des sciences politiques, avant d'opter pour la littérature, tout en s'initiant au français en autodidacte. Diplômée en 1932 de l'université Dongwu de Suzhou, elle s'inscrit en 1933 à l'université Qinghua de Pékin, au département des langues étrangères. C'est là qu'elle […]
