Cinéaste inclassable, Walerian Borowczyk, né le 2 septembre 1923 à Kwilcz, à l'ouest de Poznán, fut d'abord, en Pologne puis en France, l'initiateur majeur d'un nouveau cinéma d'animation mêlant, en des fables grinçantes, réminiscences surréalistes et quête de l'absurde, grâce à des techniques de découpage et de collage ingénieuses, faisant intervenir des photos, des peintures, des dessins. Jan Svankmajer, Terry Gilliam ou les frères Quay le revendiquent comme un de leurs maîtres. À partir de 1974, quelques années après être passé à la mise en scène traditionnelle avec acteurs, il devint, notamment avec Les Contes immoraux, un « spécialiste » de l'érotisme esthétisant qui le conduisit par exemple à concocter, en 1987, un inutile Emmanuelle V.
Fils d'un peintre naïf qu'il admire et auquel il rend hommage dans Le Sentiment récompensé (1957), coréalisé avec Jan Lenica, Walerian Borowczyk entre à l'École des beaux-arts de Cracovie en 1946 pour y étudier la peinture et la lithographie. Dès cette époque, il réalise un petit film d'amateur.
Diplômé en 1951, il travaille comme graphiste avant de se rendre à Paris, trois ans plus tard. Là, il tourne […]
