2. L'horizon du langage
La troisième partie du livre, intitulée « Tournant ontologique pris par l'herméneutique sous la conduite du langage », jette les bases d'une telle tâche à partir de la prise en compte de « l'universalité du langage ». « La langue est [...] le médium universel dans lequel s'opère la compréhension même, qui se réalise dans l'interprétation. » Bien loin de n'être qu'un simple moyen de communication de contenus pré-donnés, le langage est l'élément à partir duquel toute expérience humaine prend forme et signification. Une véritable « différence ontologique » traverse le langage : un jeu entre l'énoncé qui tend à effacer ses origines problématiques et le dire frayant dans le risque l'espace d'un questionnement. Le dit, l'énoncé, n'épuise donc jamais totalement, malgré ses prétentions à se figer dans le dogmatisme du définitif, la force vive du questionnement. Ainsi conçue, l'herméneutique permet de dégager l'inépuisable du non-dit à la source du dit, tout en maintenant ouvert l'espace de la critique. Jürgen Habermas et Paul Ricœur s'efforceront de maintenir ouvertes les questions posées par Vérité et méthode, en accentuant les dimensions pragmatiques et critiques de l'œuvre. L'œuvre de Gadamer a également joué un rôle important dans le domaine de la critique littéraire, à travers la notion d'esthétique de la réception telle que l'a formulée H. R. Jauss.
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