Terme désignant à la fois : le déplacement de la caméra, installée sur un chariot (appelé aussi dolly) qui glisse sur des rails disposés selon l'effet à obtenir, placée sur n'importe quel mobile (bateau, avion, hélicoptère, auto) ou tenue à l'épaule du cadreur (en marche, en plongée sous-marine, en chute libre) ; le dispositif permettant ce déplacement (rail et chariot porteur de la caméra et de ses servants) ; le résultat de ce mouvement dans l'image projetée.
Tous les types de travellings sont devenus possibles grâce à l'emploi des caméras légères, mais on use principalement : du travelling avant et du travelling arrière, qui se rapprochent ou s'éloignent du sujet (le même effet peut être obtenu par l'emploi du zoom, objectif à distance focale variable, capable de travelling optique sans déplacement de caméra) ; du travelling latéral, qui le prend de côté ; du travelling vertical qui monte et descend ; du travelling circulaire, qui l'encercle. Combiné avec le panoramique, surtout dans les plans-séquences, le travelling devient trajectoire ou pano-travelling.
Esthétiquement, le travelling, que les théoriciens considèrent avec le panoramique comme une des articulations spécifiques du langage du cinéma, renvoie à de multiples signifiés suivant son emploi. D'aucuns y recourent volontiers (Resnais, Welles) ; d'autres, plus rares, le rejettent (Ozu). Dans un roman sarcastique (Travelingue, 1941), Marcel Aymé a fait de ce terme le symbole de sa satire d'une micro-société hantée par les « fous de cinéma ».
Victor BACHY
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