Écrivain bangladeshi, Taslima Nasreen fut contrainte de s'exiler en raison de ses écrits controversés qui, aux yeux des fondamentalistes musulmans, jetaient le discrédit sur l'islam. Son sort a souvent été comparé à celui de Salman Rushdie, l'auteur des Versets sataniques (1988).
Fille de médecin, née le 25 août 1962 à Mymensingh, dans le Pakistan oriental (auj. Bangladesh), Taslima Nasreen entame à son tour carrière médicale. Gynécologue, elle travaille dans un centre de planning familial de sa ville natale jusqu'à ce qu'elle soit affectée dans une clinique du gouvernement, à Dhaka, en 1990. Elle décide de quitter la fonction publique trois ans plus tard.
Auteur de chroniques littéraires, de poèmes et d'œuvres de fiction, Taslima Nasreen commence à publier ses textes à la fin des années 1970. Elle signe des diatribes cinglantes dénonçant la loi islamique et l'oppression à laquelle elle soumet les femmes, les réduisant quasiment à l'état d'objet. Elle se penche de plus en plus sur les abus sexuels, et conteste sans relâche le pouvoir dévolu aux hommes. Ses écrits et son comportement offensent les fidèles les plus croyants et déclenchent leur colère ; en 1992, des fondamentalistes s'en prennent aux librairies de Dhaka qui proposent ses œuvres dans leurs rayons. Dès l'année suivante, Taslima Nasreen publie le roman Lajja (1993, Lajja. La Honte), qui décrit la persécution d'une famille hindoue par des musulmans. La fatwa que lancent alors contre elle les chefs religieux du pays suscite l'émoi de toute la communauté internationale.
L'écrivain accroît la fureur des traditionalistes en mai 1994, lorsqu'elle déclare dans un journal de Calcutta, le Statesman, que le Coran « devrait être révisé en profondeur ». Ces propos déclenchent des réactions encore plus véhémentes, certains exigeant même que Taslima Nasreen soit exécutée. Une récompense est offerte à quiconque voudrait la tuer. Taslima Nasreen a beau insister sur le fait que ses mots se référaient à la sharia et non au Coran proprement dit, […]
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