Moine bouddhiste japonais, fondateur de l'école Jōdo shinshū (secte véritable du Jōdo), qui prit le nom de Shinran, Matsuwaka maru, né à Kyōto, était le fils de Hino Arinori et fut orphelin très jeune. En 1181, il entra dans les ordres au mont Hiei, où il fut formé dans le Tendai. Il séjourna dix ans au Hieizan, puis étudia au Kōfuku-ji, à Nara. Il rencontra Hōnen à Kyōto et resta avec lui dix ans. Il prit alors le nom de Shakkū, puis de Zenshin. Il épousa en 1203 une fille du prince Kugō Kanezane, Tamahi. En 1207, il fut exilé comme son maître Hōnen et vécut à la campagne dans la province d'Echigo à Kokufu. Déchu de son statut de moine, il fut obligé de prendre un nom laïc, Fuji Yoshizane. Parmi les gens simples de sa province, il prêche le culte d'Amida et, lorsqu'il est grâcié en 1211, il décide de rester sur place et prend le nom de Gutoku Shinran. En 1124, il écrit à Inada le Kōgyō-shinshūmonrui. Il fonde plusieurs temples et retourne, en 1235, à Kyōto, où il meurt au Zenbō-in.
La position de Shinran est plus radicale que celle de Hōnen : il n'est plus nécessaire de quitter le monde ni de se livrer à des pratiques austères ou à la vie religieuse ; le fondement du salut est dans la puissance d'Amida et non dans les efforts personnels des fidèles ; ceux-ci doivent se remettre entièrement à leur sauveur ; c'est la foi absolue qui sauve, quoi qu'on puisse faire. On comprend que, n'exigeant aucune connaissance particulière ni aucun effort, la secte fondée par Shinran ait été la plus répandue au Japon.
Jean-Christian COPPIETERS
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