Chanteur et auteur-compositeur américain, Roy Orbison a mis sa voix exceptionnelle, l'une des plus belles de toute l'histoire du rock, au service d'interprétations poignantes de ballades empreintes de profonds sentiments de solitude et de tristesse.
Roy Kelton Orbison naît le 23 avril 1936 à Vernon, dans le Texas. Il forme son premier groupe, les Wink Westerners, à l'âge de treize ans, et il abandonne ses études universitaires pour se consacrer entièrement à la musique. Membre des Teen Kings, un groupe de rockabilly mâtiné de country, il enregistre en 1955, dans le studio du producteur de Buddy Holly, Norman Petty, Ooby Dooby. La reprise de cette chanson qu'il réalise pour Sam Phillips chez Sun Records – sur la recommandation de Johnny Cash – est son premier grand succès. Le producteur tente alors de faire de Roy Orbison une star du rockabilly ; en vain. Le timide Texan (qui, craignant d'avoir un regard chafouin, porte des lunettes de soleil devenues emblématiques) part s'installer à Nashville, dans le Tennessee, et se met à écrire des chansons pour d'autres interprètes, par exemple Claudette, composée pour The Everly Brothers.
Ayant abandonné Sun Records et signé un contrat avec Monument Records en 1958, Orbison ne se limite plus aux chansons rockabilly et enregistre à partir de 1960 une série de ballades inoubliables. Son style très personnel s'épanouit lorsqu'il met à profit sa formidable tessiture pour interpréter, sur de riches orchestrations, des romances de trois minutes où il chante le désir et le désespoir. Running Scared (1961), délire de paranoïa romantique, résume l'art de Roy Orbison : la tension qui est perceptible dans l'accompagnement aussi bien que dans la voix du chanteur croît lorsque celui-ci imagine ce qui se passerait si sa maîtresse venait à revoir par hasard son ancien amant ; lorsque ce dernier surgit de nulle part, l'aimée choisit cependant de rester avec le narrateur, dont le soulagement transparaît dans le crescendo final.
Grâce à ses nombreux « tubes » – au rang desquels […]
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