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CAILLOIS ROGER (1913-1978)

Comme les pierres qu'il aimait tant et dont il fut le poète, Roger Caillois présente plusieurs facettes au premier abord contradictoires. Cet ancien surréaliste, normalien agrégé de grammaire, qui fut haut fonctionnaire de l'U.N.E.S.C.O. et entra en 1971 à l'Académie française, savait ainsi par cœur le Discours de la méthode et admirait Montesquieu auquel, d'ailleurs, on pourrait parfois le comparer. Alors qu'il avait préféré d'abord la sociologie à la littérature et dénoncé les Impostures de la poésie, Caillois maniait néanmoins chaque mot « avec un soin philatélique », et, quelques semaines avant sa mort, formulait le souhait que l'on gardât de lui l'« image d'un poète ». Cet infatigable lecteur, auteur lui-même de plus d'une trentaine d'ouvrages, devait enfin dans l'un de ses derniers livres, Le Fleuve Alphée, exprimer son effroi en face du « monde cancérigène des bibliothèques, des livres et des journaux ».

Par-delà ces apparentes contradictions, on doit pourtant souligner la profonde unité de la démarche de Roger Caillois. Sa vie et son œuvre, consacrées à l'analyse des secrets et des mécanismes de l'imagination, confirment cette loi de cohé […]

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Autres références

« CAILLOIS ROGER (1913-1978) » est également traité dans :

JEU

Auteur :  Jean CAZENEUVE

quant à ses fonctions, est « une lutte pour quelque chose ou une représentation de quelque chose ». *Roger Caillois a retenu la plupart de ces critères, mais après avoir remarqué qu'ils laissent de côté un certain nombre de jeux, notamment ceux qui présentent un intérêt matériel, comme ceux où il y a un enjeu et, en fait, presque tous les jeux de… Lire la suite
JEU - Le jeu dans la société

Auteur :  Jean CAZENEUVE

Dans le chapitre "Le jeu, principe social" : …  Prenant acte de la vraisemblance des deux interprétations opposées, *Roger Caillois incline à penser que le jeu n'est par essence ni corruption ni source des usages sociaux, mais qu'il est un principe permanent de la vie sociale, de sorte qu'il peut aussi bien faire siennes et pour ainsi dire récupérer les traditions désuètes, qu'il peut alimenter… Lire la suite
JEU - Ethnologie du jeu

Auteur :  Geza de ROHAN-CSERMAK

Dans le chapitre "Positions théoriques" : …  toute culture, toute grande force créatrice. » Huizinga ne fera que répéter cela six ans plus tard. *Roger Caillois oppose à cette thèse que « tout déchoit dans le jeu », conclusion qui ressort des ouvrages de Tylor, d'Alice Gomme, de K. Groos, de Y. Hirn et des précurseurs du concept du gesunkenes Kulturgut (bien culturel déchu) de Naumann… Lire la suite
JEU - Jeu et rationalité

Auteur :  Jacques EHRMANN

Dans le chapitre "Réalité, jeu et sacré" : …  mystère ou accentuant par le déguisement leur étrangeté vis-à-vis du monde habituel ». De son côté, *Caillois définit « essentiellement le jeu comme une activité libre : à laquelle le joueur ne saurait être obligé sans que le jeu perde aussitôt sa nature de divertissement attirant et joyeux ; séparée : circonscrite dans des limites d'espace et de… Lire la suite
JEUX DE PIONS

Auteur :  Thierry DEPAULIS

Dans le chapitre " Essais de classification" : …  ethnologiques. Enfin, elle ignore complètement l'apport des jeux modernes et leurs innovations. *Roger Caillois (Les Jeux et les hommes, Paris, 1967) ne s'est pas penché spécifiquement sur les jeux de pions mais les grandes catégories de jeu définies – « agôn », « alea », « ilynx », « mimicry » – graduées selon une échelle allant de la… Lire la suite

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Bibliographie

Sauf indication contraire, les ouvrages cités de Roger Caillois ont été publiés à Paris par Gallimard : Le Mythe et l'homme, 1938

L'Homme et le sacré, 1939

Babel, 1948

Poétique de Saint-John Perse, 1954

L'Incertitude qui vient des rêves, 1956

Les Jeux et les hommes, 1958 ; Anthologie du fantastique, Club français du livre, 1958, Gallimard, 1968

Méduse et Cie, 1960

Esthétique généralisée, 1962

Cases d'un échiquier, 1970

L'Écriture des pierres, Skira, Genève, 1970

Pierres, 1971

La Dissymétrie, 1973

La Pieuvre, La Table ronde, Paris, 1973

Approches de l'imaginaire, 1974

Obliques, Stock, 1975

Le Fleuve Alphée, 1978

Approches de la poésie, 1978

Rencontres, P.U.F., Paris, 1978

Le Champ des signes, Hermann, Paris, 1978

La Nécessité d'esprit, 1981

Apprentissage de Paris, Fata Morgana, 1984

La Lumière des songes, ibid., 1984

L'Aile froide, ibid., 1988

Images de l'univers, Deyrolles, 1990

Les Démons de midi, Fata Morgana, 1991.

Nos spéc. consacrés à R. Caillois : N.R.F., sept. 1979

« Roger Caillois ou la Traversée des savoirs », Sud (hors série), 1981

Roger Caillois, J.-C. Lambert dir., La Différence, 1991.

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