Dans quelle mesure existe-t-il une ethnologie et une sociologie du jeu ? Quelles sont leurs bases et leurs limites ? Biologistes et psychologues présentent de multiples arguments pour justifier l'hypothèse d'un instinct et d'un besoin de jeu qui meuvent le corps humain avec la même force que les instincts et besoins alimentaires, sexuels et créateurs. Les comportements ludiques de l'homme prennent racine dans son être somatique. Le jeu possède aussi ses aspects moraux et abstraits qui font partie intégrante de l'éthique et de la philosophie. Ethnologues et sociologues abordent cependant le jeu sous un angle tout à fait différent. Les ressorts animaliers, donc corporels et biopsychologiques du jeu, échappent à leurs sphères d'études, et ses traits moraux et philosophiques ne les intéressent que dans la mesure où ils peuvent caractériser la face culturelle d'un ou de plusieurs groupes humains. L'histoire du jeu constitue également un domaine différent de celui des ethnologues et sociologues, bien que les premiers considèrent la mise en valeur d'une vue diachronique comme un principe fondamental de leur méthodologie. En fait, la définition d'une ethnologie et d'une sociologie du je […]
