
Physicien américain considéré comme l'un des pionniers de la technique des fusées spatiales et comme père de l'astronautique américaine.
Après de brillantes études scientifiques au Polytechnic Institute de Worcester, dans le Massachusetts, il est nommé professeur à la Clark University de cette même ville. C'est à cette époque qu'il élabore ses théories sur l'emploi des fusées multiétages. Il recommande, à la suite des articles du physicien russe Tsiolkovski, l'utilisation d'ergols liquides au lieu des poudres utilisées jusqu'alors. Soucieux de l'utilisation spatiale des fusées, il démontre théoriquement, puis confirme expérimentalement, que les fusées n'ont pas besoin de l'appui de l'air et qu'elles fonctionnent mieux dans le vide. En 1916, il publie le compte rendu de ses expériences dans un mémoire qui lui vaut une subvention de la Smithsonian Institution, dont les météorologistes tâchaient alors d'étendre leurs recherches aux hautes altitudes. Lorsque les États-Unis entrent en guerre en 1917, Goddard est affecté à un service de recherches sur les applications militaires des fusées, et c'est sous sa direction qu'est mis au point un projectile à propergol solide qui sera utilisé vingt-cinq ans plus tard pendant la Seconde Guerre mondiale sous le nom de bazooka. En 1919, Goddard reprend ses travaux théoriques sur les ergols liquides et étudie les possibilités offertes par la combinaison hydrogène liquide-oxygène liquide, combinaison qu'il finira par écarter en raison des difficultés et des dangers que présente la manipulation de l'hydrogène liquide. Il la remplace par la combinaison kérosène-oxygène qui lui permet, le 16 mars 1926, de lancer une fusée, la première à propergol liquide de l'histoire (le vol dure deux secondes et demie). En 1929, nouvelle « première » spatiale : il lance une fusée renfermant une charge utile scientifique, composée d'un baromètre, d'un thermomètre et d'une caméra photographique. À la suite de cette expérience, Lindbergh, qui avait effectué deux ans plus tôt sa traversée de l'Atlantique, lui obtient l'appui financier de la fondation Guggenheim. Grâce à d'importantes subventions, Goddard va pouvoir s'installer au Nouveau-Mexique, où il expérimente les nouvelles techniques qu'il ne cesse d'inventer. C'est dans cet État, à Roswell, qu'il met au point un système de stabilisation gyroscopique des fusées et qu'il invente le procédé permettant de refroidir la chambre de combustion en faisant circuler un ergol dans ses parois. Il développe également des turbopompes.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le ministère de la Défense se borne à lui confier le développement de fusées d'appoint pour faciliter le décollage des avions lourdement chargés.
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