Né au Venezuela, mais arrivé à Paris à l'âge de trois ans et naturalisé français, Reynaldo Hahn, l'un des élèves favoris de Massenet, offre la quintessence de ce qu'on a coutume d'appeler « l'esprit français », avec ce que cela implique de culture, de finesse, mais aussi de légèreté. Des nombreuses opérettes qu'il a composées, Ciboulette (1923), sur un livret de Robert de Flers et de Francis de Croisset, est l'une des plus parfaites créations de ce genre ; mais il faut citer aussi Le Marchand de Venise (opéra, 1935), Beaucoup de bruit pour rien (musique de scène), Le Bal de Béatrice d'Este (suite), des pièces pour piano, et quantité de mélodies, qu'il chantait lui-même en s'accompagnant. Comme chef d'orchestre, Hahn avait la réputation d'un grand chef mozartien (exécutions de Don Juan à Salzbourg). Il fit mieux en composant, pour une comédie musicale de Sacha Guitry (Mozart, 1925), un à-la-manière-de Mozart qu'il chérissait, pastiche dont la frivolité ne doit pas donner le change. Compositeur, Reynaldo Hahn n'était que le Guitry d'une musique mondaine ; mélomane et critique, il n'était plus si léger ; ainsi quand, décelant tr […]
