C'est un symptôme désagréable qui amène le patient à gratter les zones affectées, d'où des excoriations, porte d'entrée d'infections, et, chez certains sujets, des lichénifications et des dyschromies. Le prurit accompagne ou même précède d'innombrables dermatoses. Il peut être dû à un facteur externe tel qu'une parasitose (insectes divers : puces ou poux, par exemple ; acariens : dans les gales). Les prurits répondant à une cause interne sont parfois d'étiologie évidente (ictère, grande azotémie), mais l'origine de la plupart d'entre eux doit être recherchée au cours d'un examen approfondi et systématique : maladie du système hématopoïétique (notamment maladie de Hodgkin), révélée par l'examen de sang et par la biopsie d'une hématodermie ou d'une adénopathie associées ; maladies dysmétaboliques, telles que diabète, azotémie, hyperuricémie, insuffisance hépatique, que découvrent les examens biologiques correspondants ; affections neurologiques (tabès, syringomyélie) ; toxicomanies (cocaïne). Le prurit accompagne la plupart des manifestations allergiques, dont il peut être le seul symptôme. Les prurits dits séniles et gravidiques ne seront admis qu'une fois éliminées les étiologies précédentes.
Il en est de même des prurits purement psychogènes que l'on observe au cours de certaines névroses ou des régressions de la personnalité liées à l'apparition de psychoses diverses. Le prurit anal et le prurit vulvaire sont des prurits localisés qui sont fréquents ; ils posent des problèmes étiologiques particuliers.
Pierre de GRACIANSKY
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