Né d'une famille de petite noblesse provinciale, Sebasti ao José de Carvalho e Melo est loin d'avoir laissé deviner, au début de sa carrière, sa carrure d'homme d'État. C'est seulement vers la quarantaine que sa perspicacité se manifeste et que ses dépêches (il est alors en poste à Londres) le font connaître à la cour de Lisbonne. Son mariage avec la fille du comte d'Arcos, plus que ses études de droit, lui a ouvert certains horizons : il analyse méticuleusement la formation des deux grands « blocs » de l'époque : Espagne, Autriche et France d'une part, Prusse et Angleterre de l'autre. Il réfléchit au développement des politiques coloniales. À Vienne, en 1744, il s'efforce de réaliser un accord entre les puissances rivales. Mais Pombal surestime toujours les possibilités d'arbitrage de son pays. Sa personnalité complexe l'incline à porter ses efforts dans un trop grand nombre de directions. Il est à la fois un Choiseul, un Colbert, un Walpole, et pourtant son crédit restera toujours discuté. On doit distinguer entre une politique extérieure marquée par l'alliance anglaise (encore qu'il l'ait poussée moins loin que ses successeurs), une politique religieuse impitoyable (marquée s […]
