La polarité est inhérente au vivant. Elle en traduit le besoin d'ordre ou, plus exactement, elle révèle qu'il tend vers une ordonnance intrinsèque.
Elle commence au niveau moléculaire : Pasteur a montré que toute la matière vivante est construite sur le modèle moléculaire lévogyre. Autrement dit, entre les deux situations possibles, lévogyrie ou dextrogyrie, qui correspondent à deux isomères moléculaires stœchiométriquement différents (agissant donc de façon contraire sur la lumière polarisée), une option est radicalement prise par l'être vivant, et ce une fois pour toutes.
Au niveau des assemblages macromoléculaires, on assiste à la mise en place d'un second niveau de polarité : il préside à la validité biologique des fonctions exercées par ces molécules. Ainsi en est-il notamment des molécules à pôle « actif » (site conformationnel adéquat), lequel commande leur affinité avec les substrats appropriés, ou plus généralement des molécules à pôles « complémentaires », assurant ainsi la spécificité de l'interaction moléculaire et par conséquent la fonction de reconnaissance intermoléculaire.
Non moins fondamentale est la polarité séquentielle […]
