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HAÏTIENS POÈTES

Quand Haïti devint indépendante, le 1er janvier 1804, après des années de guerre de libération (1791-1803), la France, puissance coloniale, battue sur le terrain militaire et chassée du territoire, laissa derrière elle un cadeau empoisonné : sa langue. Alors que l'État haïtien émerge avec ses structures militaires et foncières, les classes dirigeantes et l'élite intellectuelle, nourries de valeurs françaises, se montrent incapables de créer une culture spécifiquement haïtienne. Pendant plus d'un siècle (1804-1915), la poésie haïtienne se contenta de graviter autour des foyers culturels français : pseudo-classicisme, romantisme, Parnasse, symbolisme, surréalisme. Les poètes de l'après-guerre d'Indépendance sont les acteurs engagés d'une littérature de pionniers et de combat. Versificateurs soumis aux formes de l'art pseudo-classique qui triomphe en France depuis la fin du xviiie siècle, ils apparaissent comme des courtisans soucieux de servir le puissant du moment (Christophe ou Boyer). Au vrai, les poètes eux aussi — comme les historiens et les dramaturges — se mobilisent pour construire la nation et inciter à la résistance, au cas où l'ennemi français reviendrait. Ils chantent les hauts faits de la guerre d'Indépendance, élaborent, par les fables, une morale populaire, évoquent les grands ancêtres indiens (Caonabo, Cacique Enriquillo) qui luttèrent contre la tyrannie espagnole et composent des hymnes patriotiques. Ces premiers bardes qui adoptèrent l'ode, l'épître, le poème épique, la cantate et l'épigramme furent Antoine Dupré ( ?-1816), Juste Chanlatte (1766-1828), Jules Solime Milscen (1778-1842), Hérard Dumesle (1784-1858), François Romain Lhérisson (1798-1859) et Jean-Baptiste Romane (1807-1858).

Autour du journal Le Républicain, puis de L'Union, se crée en 1836 le groupe du Cénacle au sein duquel fraternisent poètes et historiens qui s'en prennent à la mythologie et aux imitations en vogue. Les poètes Ignace Nau (1808-1845) et Coriolan Ardouin (1812-1838) ouvrent la voie d'un […]

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CARAÏBES - Littératures

Écrit par :  Jean-Pierre DURIXClaude FELLJean-Louis JOUBERTOruno D. LARA

Dans le chapitre "Un nationalisme littéraire"  : …  aujourd'hui perdues, est sans doute le premier à recourir systématiquement à la langue populaire). *La poésie, d'abord classique et élégiaque, s'accorde aux nouveautés du romantisme triomphant (Coriolan Ardouin et Ignace Nau cultivent leur mélancolie de jeunes gens promis à une mort précoce). Des revues littéraires, comme L'Abeille haytienneLire la suite
MÉTELLUS JEAN (1937- )

Écrit par :  Jean-Louis JOUBERT

… *Appartenant à cette vaste diaspora haïtienne que la dictature des Duvalier a contrainte à l'exil, Jean Metellus a su maintenir par l'écriture un lien étroit avec son pays. Né à Jacmel, où il fut quelque temps professeur, il s'est installé à Paris en 1959, y a étudié la linguistique et la médecine, puis s'est spécialisé en neurologie. En 1973, la… Lire la suite

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