5. La base de l'arbre : un problème non résolu
Les branches basales de l'arbre des métazoaires restent aujourd'hui très incertaines car les phylogénies moléculaires ont donné jusqu'à présent des résultats peu soutenus et contradictoires. L'arbre le plus couramment admis, faute de mieux, est celui de la figure 3.
La majorité des phylogénies réalisées avec les ARNr 18S et 28S suggèrent que les éponges forment un groupe paraphylétique à la base des métazoaires, les calcisponges (éponges à squelette minéral calcaire) étant plus apparentées aux eumétazoaires qu'aux silicisponges (éponges à squelette minéral siliceux ou sans squelette minéral, qui comprennent les démosponges et les hexactinellides). Toutefois, ce résultat très incertain pourrait aussi être dû à des artéfacts de reconstruction phylogénétique. La question du statut (monophylie ou paraphylie) des spongiaires reste donc ouverte. Si la paraphylie se confirmait, elle aurait d'importantes implications sur l'origine des métazoaires. En effet, dans cette hypothèse, les caractéristiques du plan d'organisation des spongiaires (principalement leur système aquifère) auraient été acquises soit indépendamment dans les branches des silicisponges et des calcisponges (un scénario jugé peu vraisemblable par les zoologistes), soit plutôt une seule fois dans la branche commune des métazoaires, ce qui implique une perte de ces caractères dans celle des eumétazoaires. Autrement dit, l'ancêtre commun des métazoaires serait, dans cette hypothèse, une éponge.
Le groupe des diploblastes, qu'on le considère au sens large (éponges, cnidaires et cténaires) ou bien au sens strict (cnidaires et cténaires), est également paraphylétique dans cet arbre, par rapport aux Bilateria. La monophylie des eumétazoaires ne bénéficie pas d'un fort soutien de la part des phylogénies moléculaires, mais elle fait l'objet d'un large consensus basé sur la morpho-anatomie. Les eumétazoaires partagent en effet la présence de cellules nerveuses, de cellules musculaire […]
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