Jean Vilar l'appelait affectueusement « mon évêque ». Car Paul Puaux était bien le fidèle entre les fidèles. Protestant des Cévennes – né le 25 août 1920 à La Voulte-sur-Rhône (Ardèche) –, instituteur communiste, résistant membre des F.F.I., devenu dans la foulée militant du théâtre populaire, il apporte son concours, en prenant en charge le rassemblement d'un public neuf, à la Semaine d'art lancée en 1947 à Avignon par René Char, Yvonne et Christian Zervos. Proposition est alors faite à Vilar, qui venait de créer au Vieux-Colombier Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot, d'en donner une représentation. Ce sont trois créations que Vilar va donner : Richard II de Shakespeare, Tobie et Sara de Claudel, La Terrasse de midi de Maurice Clavel. Dès l'année suivante, la manifestation est devenue le festival d'Avignon. Puaux, embarqué et conquis, lui consacre, en bénévole, ses vacances, année après année, prenant leçon au côté de Jean Rouvet, organisateur hors pair du public.
La confiance et l'amitié se sont établies très tôt entre Vilar et Puaux. Quand, dans son livre Avignon en Festivals, celui-ci rappelle une réflexion de Vilar après une vive discussion : « Tu crains de me contredire ? Mais tu es là pour ça. C'est de cette manière que tu m'aides », on comprend la profondeur de l'entente scellée en 1963, Vilar associant alors Puaux à sa réflexion sur l'évolution du festival, et faisant de lui son administrateur permanent en 1966. Cette année-là, Puaux crée un Conseil culturel établissant les contacts avec les associations et apportant au festival une aide pratique – régie et propagande. Dans ce même livre, Puaux écrit : « Comment naît un coup de foudre ? Un homme et une ville peuvent-ils se trouver liés, comme deux êtres humains, par un accord évident et immédiat, qui marque le destin de l'un et de l'autre ? » Cela se rapporte à Vilar, mais est vrai également pour lui, son coup de foudre concernant aussi bien l'homme du festival que la ville elle-même. Quand, en 1968, les dern […]
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