On ne peut comprendre l'œuvre du poète et théoricien Paul Nougé si l'on imagine que le groupe surréaliste de Bruxelles n'aurait été qu'un prolongement du surréalisme français. Les désaccords sont plus nombreux que les points de convergence, et la figure de Nougé est davantage celle d'un solitaire que d'un homme de groupe. Ses études le conduisent au métier de biochimiste dans un laboratoire médical, jusqu'à son licenciement en 1953. Il participe en 1919 à la création de la section belge de la IIIe Internationale, qui fonde le Parti communiste belge. Tandis que paraît à Paris le Manifeste du Surréalisme en 1924, Nougé rédige avec Camille Goemans et Marcel Lecomte des « tracts », qu'il publie sous forme de revue : Correspondance. Ces feuillets de couleur numérotés, envoyés à quelques dizaines d'exemplaires à des personnes choisies, s'emploient entre autres à tourner en ridicule la revue 7 Arts et son discours constructiviste. En 1925, Nougé rencontre Breton, Aragon et Eluard, animés comme lui par la passion de la révolte, et son nom apparaît plusieurs fois dans La Révolution surréaliste. C'est dans cette revue que paraît le m […]
