Avec les cinéastes de la nouvelle vague s'imposa un nouveau type d'acteurs plus libres, affranchis des codes de la séduction classique, plus instinctifs que les « comédiens » traditionnels. À la fin de la décennie, un trait s'ajoutait à ce style de jeu en roue libre, une sorte de dérision et de désenchantement... Les comédiens du Café de la Gare surent capter cet « air du temps » pour s'imposer au moment opportun.
Patrick Dewaere, comédien formé à cette école, aura su allier une étonnante décontraction à des rôles de « perdant » classique. Acteur à la fois « primaire » et très complexe, il savait contourner les rôles les plus conventionnels en créant un mouvement de surprise, en désamorçant le dialogue ou la situation, par sa présence stridente ou angoissante, et aussi une fantaisie inattendue.
Après son expérience théâtrale, il s'impose au côté de Gérard Depardieu dans Les Valseuses de Bertrand Blier, en (1974). Puis il lui faudra échapper au style loubard « cool » ou triomphant en créant des rôles de « paumés » et de marginaux. Hormis La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller (1976) où il compose avec jubilation un moniteur de colonie de vaca […]
