Au contraire de celui de monopole, fort ancien, le terme d'oligopole est récent ; on le doit, semble-t-il, à E. H. Chamberlin. Auparavant, on utilisait les expressions : concurrence de deux ou plusieurs producteurs (A. Cournot), monopole incomplet, concurrence limitée. Le mot « oligopole » fait nettement ressortir la caractéristique de ce mode de concurrence qui est le petit nombre de vendeurs sur un marché donné. Il en découle une conséquence essentielle, l'interdépendance des vendeurs : le débouché du vendeur A dépend non seulement de son prix et de ses autres conditions de vente, mais encore du prix et des conditions de vente de chacun de ses concurrents. Aucune firme ne peut agir sans tenir compte des réactions des autres entreprises présentes sur le marché.
Catégorie intermédiaire entre la concurrence parfaite et le monopole, l'oligopole admet un nombre très varié de situations, ce qui rend difficile une théorie unifiée simple ; il faut envisager la diversité des poids relatifs des divers concurrents et celle des comportements compétitifs. L'oligopole peut recouvrir aussi bien des collusions, dont la description relève du monopole, qu'une concurrence à couteaux tirés. À cet égard, il convient de noter que la concentration sur un marché donné ne réduit pas nécessairement la concurrence.
L'observation statistique des situations de concurrence dans les pays industriels conduit à l'idée que l'oligopole est la situation la plus répandue, au contraire de l'extrême rareté du monopole privé avéré et d'une fréquence relativement faible des marchés réellement atomistiques.
Sur les grands marchés internationaux, la structure est définitivement oligopolistique, et le pays d'origine des oligopoles est le plus souvent les États-Unis. En face, les gouvernements européens semblent avoir renoncé, au moins pour le moment, à sauvegarder l'atomicité des marchés ; au contraire, pour mieux résister à la concurrence internationale, ils ont été amenés à favoriser la concentration en oligopoles.
A. Cournot, père de la t […]
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