3. « L'enchevêtrement des cultures... »
Essayiste lucide et profond, Octavio Paz s'intéresse autant aux thèmes historiques qu'à la peinture, à l'esthétique, à la morale ou à la philosophie. Mais le Mexique demeure pour lui une référence majeure. El Laberinto de la soledad (Le Labyrinthe de la solitude, 1950) propose à la fois « une vision, mais aussi une révision du Mexique ». « Le Mexicain n'est pas une essence, mais une histoire. » Cette réflexion guide toute l'analyse de l'homme du Mexique : sa quête d'identité ; ses attitudes ou ses masques ; sa célébration stérile de la mort ; son héritage précolombien. Devenus enfin « contemporains de tous les hommes », les Mexicains partagent avec eux ce « fond ultime de la condition humaine », la solitude. Cet examen critique, impitoyable et passionné, est placé sous le signe du Labyrinthe, enceinte du centre sacré que symbolisent Rome, Jérusalem ou La Mecque, ces grands sanctuaires de l'humanité. Posdata (Critique de la pyramide, 1969) prolonge ce superbe « exercice d'imagination critique », en s'attachant à révéler les causes de l'« inaptitude à la démocratie » qui, selon l'auteur, est une des plus graves carences de son pays. El Arco y la lira (L'Arc et la lyre, 1956) tente une double approche du phénomène poétique, du point de vue stylistique et du point de vue de « l'hétérogénéité de l'être », selon l'expression d'Antonio Machado, qui s'y manifeste dans les contenus. Las Peras del olmo (Les Poires de l'orme) comprend notamment une excellente étude sur Sor Juana Inés de la Cruz, religieuse et poétesse mexicaine du xviie siècle à qui Paz a consacré plus tard un de ses plus grands livres : Sor Juana Inés de la Cruz o las trampas de la fe (Sor Juana Inés de la Cruz, ou les Pièges de la foi, 1982). Outre Claude Lévi-Strauss ou Marcel Duchamp qui firent chacun l'objet d'un livre, mille autres sujets sollicitent l'attention d'Octavio Paz. Ils sont traités dans des ouvrages d'essais variés : Conjunciones y disyunciones (Conjonctions et disjonctions, 1969), < […]
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