3. La célébration d'une œuvre intime
En 1991, une bourse permet à Nan Goldin de s'installer à Berlin en résidence d'artiste pour trois ans. Le Whitney Museum of Art de New York lui consacre en 1996 une première rétrospective, intitulée I'll Be Your Mirror, en référence au film de 50 minutes réalisé en 1995 avec Edmund Coulthard, qui emprunte son titre à une chanson du groupe The Velvet Underground. Sans cesser de photographier ses proches ni de militer en faveur des malades du sida, Nan Goldin élargit le champ esthétique de son travail. Ses images s'ouvrent avec la même vérité sur l'idée du bonheur, de la naissance et de l'enfance, de même que les genres du paysage et de la nature morte viennent s'inscrire dans son œuvre, parfois à la faveur de voyages en Italie, au Portugal, ou en Extrême-Orient. Avec le photographe japonais Nobuyoshi Araki, elle réalise en 1994 le livre Tokyo Love dans lequel les deux styles confrontés sur des doubles pages font le portrait d'une certaine jeunesse japonaise. Sous un titre qui rend hommage au cinéaste français Louis Malle, l'exposition Nan Goldin, le feu follet, présentée en octobre-décembre 2001 au Centre Georges-Pompidou à Paris, regroupe, par thèmes et dans l'ordre chronologique, l'essentiel de l'œuvre de Nan Goldin. Le public put découvrir à cette occasion quelque 320 tirages en couleurs, le diaporama The Ballad of Sexual Dependency, ainsi que deux diaporamas plus récents, All by Myself (1994) et Heart Beat, créé pour l'exposition avec une partition originale de la chanteuse Björk. L'exposition voyagera jusqu'en 2003 à travers l'Europe, à la Whitechapel Art Gallery de Londres, au Museo Nacional de Arte Reina Sofia de Madrid, à la Fundação de Serralves de Porto, au Castello di Tivoli de Turin, au Centre d'art contemporain de Varsovie. En 2004, la galerie Yvon Lambert présente à Paris Honey on a Razor Blade, évocation, à travers grands formats et projections, des thèmes majeurs de l'œuvre. La chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière accueille la même année l'installation Sœurs, saintes et sibylles, où les deux récents séjours de la photographe en hôpital psychiatrique entrent en correspondance avec la fin tragique de sa sœur Barbara.
Nan Goldin, qui intervient dans l'enseignement artistique des universités américaines Yale et Harvard, est actuellement reconnue comme un des auteurs les plus importants de la photographie contemporaine.
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