Mulk Raj Anand fut, avec Raja Rao et R. K. Narayan, l’un des pères fondateurs de la littérature indienne en langue anglaise dans les années 1930. Né à Peshawar, dans ce qui est devenu le Pakistan, il commença ses études de philosophie dans son pays pour les achever à Cambridge et à Londres où, préparant son doctorat, il rencontra Virginia Woolf et le groupe de Bloomsbury. Converti au marxisme, il s’engagea dans la guerre d’Espagne et se lia d’amitié avec George Orwell et H. G. Wells qu’il fréquenta régulièrement pendant la Seconde Guerre mondiale. Peu après la fin des hostilités, il retourna en Inde et fonda Marg, une revue consacrée aux arts. Il s’impliqua alors dans l’édition et occupa différents postes d’enseignement dans des universités de son pays.
Bien qu’il ait écrit de nombreuses nouvelles et essais, Anand est surtout connu pour son premier roman Untouchable, publié en 1935. Parce qu’il est un « intouchable », Bhakta, le jeune protagoniste, doit passer sa vie à nettoyer les toilettes. L’intrigue retrace un jour de son existence et les humiliations subies au contact de ceux qui l’é vitent, de peur d’être contaminés par son « impureté ». Le sujet était brûlant dans une Inde qui, avant l’indépendance obtenue en 1947, n’avait pas encore officiellement aboli le système des castes. E. M. Forster préfaçait ce roman en écrivant qu’il « n’a urait pu être écrit que par un Indien et un Indien qui observait de l’extérieur ». Parce qu’il appartenait à la caste relativement élevée des Kshatriya, Anand connaissait la prégnance des préjugés qui conduisirent d’ailleurs à l’excommunication et au suicide d’une de ses tantes, qui avait eu l’audace de dîner avec une musulmane. Dans Untouchable, l’auteur contemple l’Inde avec le recul que lui a procuré son expérience de la vie en Angleterre et sa discipline philosophique. Inspiré par les idées de Gandhi, Untouchable est empreint du « réalisme socialiste » populaire en Europe dans les années 1930. Anand a également recours à des dialogues dans lesquel […]
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