Élaborée en moins de dix années, dotée d'une forte unité, encore présente à nos yeux à l'exception d'un édifice, l'œuvre raffinée de Michel Lequeux domine l'architecture lilloise de la fin du xviiie siècle. Esprit novateur, formé à Lille puis à Paris, pratiquant un art résolument moderne, il a doté sa ville de quelques beaux édifices qui, loin d'être de plates imitations de modèles importés, sont au contraire le fruit d'une recherche originale appliquée aux conceptions artistiques de l'époque. Une clientèle riche, la protection de l'intendant Esmangart lui donnent la possibilité de construire à Lille d'élégants hôtels (d'Avelin, 1777 ; Petitpas de Walle, 1778 ; du Chambge d'Elbecq, 1781 ; de l'Intendance, 1786) ainsi qu'un théâtre (1785, incendié en 1903) et, à Douai, le bâtiment du parlement de Flandre (1785, aujourd'hui palais de Justice).
Les grands nus, les arêtes vives, les rythmes simples, l'expression épurée des masses sont les caractères que présente le plus constamment le style de Lequeux particulièrement à l'hôtel d'Avelin, son chef-d'œuvre, harmonieuse composition d'une monumentalité sans précédent à Lille, avec une insistance sur les horizon […]
