Une impressionnante détermination marque chacun des films de l'Autrichien Michael Haneke. Elle se dégage du propos comme de la mise en scène, rigoureusement réfléchis, et fonde une expérience de spectateur jamais ordinaire, parfois déstabilisante. Il s'agit ici de lutter avec force contre un cinéma, majoritairement américain, qui n'invite qu'à la consommation d'images, hors de tout regard critique. Mais avec Funny Games (1997) ou La Pianiste (2001), Michael Haneke a montré qu'il combattait aussi la séduction confortable d'un cinéma d'auteur produisant des objets culturels drapés dans une noblesse esthétique incontestable. L'important, pour lui, est de provoquer une prise de conscience. Aussi a-t-il toujours refusé de réduire sa démarche à un message, qui risquerait d'en fermer le sens. Il a cependant exprimé clairement, et assez pleinement, ce qui travaille ses films en déclarant en 2003 dans une interview pour la revue Repérages : « On ne peut pas vivre dans une société comme la nôtre sans être contre elle. »
Michael Haneke est né à Munich en 1942. Sa mère, actrice de théâtre, est allema […]
