2. Du dedans
L'œuvre de Max Jacob est une œuvre d'un bout à l'autre poétique où l'on passe de prosodie régulière à presque régulière, à libre, au poème en prose, au roman mêlé de vers (La Défense de Tartufe, 1919), au roman ; où le style colloquial – du blagueur, de l'épistolier, du méditatif, du mondain – anime, en se diversifiant, tous les ouvrages ; où l'anecdote-éclair de certains poèmes en prose se développe ailleurs en aventures romanesques ; où le menu peuple du poète reparaît, parfois au milieu des mêmes décors (Quimper ou la rue Gabrielle), dans les péripéties du Terrain Bouchaballe (1922), de Filibuth ou la Montre en or (1922), de L'Homme de chair et l'homme reflet (1924), dans la galerie de caractères du Cinématoma (1920), du Tableau de la bourgeoisie (1930), dans les lettres imaginaires du Cabinet noir (1922), semi-inventées des Conseils à un jeune poète (1945), ou réellement envoyées, etc. Mais placer une œuvre sous le signe du poétique ne signifie-t-il pas qu'elle l'emporte par ses poèmes ? Sans doute. Seul, peut-être, A. Thibaudet a estimé que Max Jacob avait « mieux réussi dans le roman ». L'avenir en décidera.
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