Artiste et écrivain iranienne de langue francophone, Marjane Satrapi explore à travers ses romans graphiques les fossés et les points de jonction qui existent entre l'Orient et l'Occident.
Fille unique d'un ingénieur et d'une dessinatrice de mode, Marjane Satrapi naît en 1969 à Rasht, dans une famille nourrie de valeurs occidentales. Elle grandit à Téhéran, où elle fréquente le lycée français. Après la révolution iranienne de 1979, le mode de vie occidental de sa famille attire l'attention des autorités iraniennes ; ses parents décident donc de l'envoyer faire ses études en Autriche en 1984. La jeune Marjane connaît dans ce pays étranger un échec amoureux qui exacerbe son sentiment d'aliénation et provoque une descente aux enfers qui la prive de toit et la conduit sur le chemin de la drogue. De retour à Téhéran à l'âge de dix-neuf ans, la jeune fille étudie l'art et, après un mariage qui sera de courte durée, repart pour l'Europe en 1993. Diplômée de l'école supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg, elle s'installe de façon permanente à Paris à partir de 1994.
Marjane Satrapi publie les deux premiers volumes de Persépolis (2000 et 2001, L'Association) en France. Dans un style visuel simplifié témoignant de l'influence des gravures sur bois de Felix Valloton, de la bande dessinée contemporaine (David B., Art Spiegelman) et des miniatures iraniennes, elle y relate son enfance à Téhéran. Les lecteurs occidentaux trouvent ce récit à la fois familier – l'auteur brosse le portrait d'une adolescente agitée qui adore les baskets Nike et le rock – et déroutant – l'héroïne, repérée par les forces de l'ordre, risque l'arrestation pour avoir porté ces chaussures tandis qu'elle arpentait les rues d'une ville ravagée par les raids aériens de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Persépolis mêle le format du roman graphique au style des Mémoires en prose. C'est pourquoi on a pu parler à son propos de « Mémoires graphiques ». L'adaptation que Marjane Satrapi tire de son œuvre pour le cinéma, parue sous le m […]
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