Marcel Bataillon était le fils du grand biologiste Eugène Bataillon, créateur de la parthénogenèse traumatique, dont Robert Courrier a pu dire qu'analyser son œuvre, c'était côtoyer le génie. Né à Dijon, au hasard de la carrière universitaire de son père, mais d'ascendance composite (franc-comtoise, limousine et alsacienne), il entre à l'École normale supérieure dans la promotion 1913, qui paya un si lourd tribut à la guerre. Le jeune lieutenant, qui allait devenir un pacifiste convaincu, rapporte du front deux citations et la croix de guerre. Sa vocation hispanique s'éveille très tôt. Marcel Bataillon aimait à raconter comment elle était née à la faveur d'un séjour en Espagne, où, se destinant aux études grecques, il effectuait des recherches sur l'hellénisme dans la péninsule Ibérique. Il se plaisait ainsi à souligner la puissance du hasard ou le pouvoir de séduction qu'exerce l'Espagne sur ceux qui la rencontrent et la portent ensuite au cœur toute leur vie. Agrégé d'espagnol en 1920, docteur ès lettres en 1937, sa carrière universitaire se déroule avec une belle régularité : membre de l'École des hautes études hispaniques (Madrid, 1920-1922), professeur de langue française à […]
