L'influence des caravagesques napolitains et celle de Ribera, qui inspire jusqu'au pastiche les premiers dessins de Luca Giordano, ne sont qu'une étape rapidement franchie par cet artiste fougueux, à l'imagination foisonnante, au tempérament passionné. Venu très jeune à Rome, il copie les maîtres (notamment les dessins de Cambiaso) avec une virtuosité qui lui vaut une grande réputation et son surnom de Luca fa presto ; il découvre la peinture vénitienne, Véronèse surtout, plus tard les dessins de Bassano, devient l'assistant de Pierre de Cortone, apprenant ainsi le secret des grands décors clairs, aux espaces ouverts, libérés des ombres et des tourments caravagesques. Sa carrière se déroule entre Naples, où il séjourne à plusieurs reprises (Santa Teresa a Chiaia, 1655 ; Sant'Agostino degli Scalzi, 1658 ; Les Marchands chassés du Temple, 1684, à San Filippo Neri ; Triomphe de Judith et scènes bibliques dans la chapelle du Trésor à San Martino, 1704) ; Florence (Apothéose des Médicis au palais Riccardi, 1684-1686) ; Venise (Histoire de l'ordre des Carmes, au Carmine ; Nativité et Présentation de la Vierge, Assompti […]
