2. Le loto familial
Sans doute nés en Italie, les premiers lotos privés ne sont guère que des adaptations du loto public. Ce jeu familial atteint la France au milieu du xviiie siècle, dans la foulée de l'introduction de la loterie génoise. Le plus ancien exemplaire connu porte la date de 1766. Petit à petit, cette version « familiale » du jeu public s'acclimate. Une pièce de théâtre, Le Wish et le loto (1778), le met en scène. C'est surtout au xixe siècle que le loto se développe, dans de multiples versions. Les cartons sont alors décorés de scènes où l'intention éducative n'est pas absente.
Le principe du jeu est connu de tous : vingt-quatre cartons comportent trois rangées de neuf cases, soit vingt-sept au total ; seules cinq cases dans chaque rangée portent un numéro. Quatre-vingt-dix boules – en fait des demi-sphères – numérotées sont placées dans un sac. Un meneur de jeu est chargé de procéder aux tirages. Les joueurs ont plusieurs cartons. Le premier à remplir une rangée horizontale de cinq cases gagne quine, le premier à remplir tout son carton gagne carton plein.
Ce loto des plus simples est resté très présent dans les familles citadines comme dans les villages de campagne : lotos, riffles et autres bingos animent bien des week-ends. Aux États-Unis, le mot quine servit à désigner le jeu, rapidement baptisé quino puis keeno. Limité à 75 numéros, il fonctionne de la même manière. Relancé au xxe siècle, il est devenu un jeu d'argent fort prisé des ménagères sous le nom de bingo. La mode du loto familial entraîna même, vers 1780, la création d'une variante fort complexe appelée loto-dauphin. Un peu discrédité sous l'Empire, le jeu revint à la mode sous la Restauration et a discrètement poursuivi sa carrière jusqu'à la fin du xixe siècle.
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