L'importance de l'écrit gnostique qu'est l'Apokryphon (ou Livre secret) de Jean se mesure au nombre des versions antiques qu'on en a retrouvées : trois dans la bibliothèque de Nag Hammadi (Codex II, III et IV) et celle du papyrus copte de Berlin no 8502. Ce texte, qui était connu par des citations et des allusions d'Irénée (Adv. haereses, I, xxix et xxx), se présente comme une révélation faite par le Sauveur à Jean, fils de Zébédée, et développe des thèmes judéo-chrétiens, mais repensés par les gnostiques de manière à répondre à la double question qui les préoccupait essentiellement : d'où vient le mal ? et comment échapper à ce monde pour retrouver la demeure céleste primordiale ?
Après avoir déclaré à Jean qu'il est « le Père, la Mère et le fils », le Sauveur lui promet de lui enseigner « ce qui est, ce qui était et ce qui sera ». Suit alors une énumération des qualités (négatives) de la Monade qui, seule, mérite le nom de « Dieu ». Vient ensuite la révélation proprement dite. La première partie de ces récits cosmogoniques contient une généalogie des éons qui constituent le Plérôm […]
