2. Un chef-d'œuvre littéraire
La riche personnalité de Thérèse d'Ávila, dont le pouvoir de séduction était un trait dominant, se reflète à chaque page du Livre de la vie, à la fois témoignage authentique et exposé d'une doctrine originale, fondée sur une confiance absolue « en la divine miséricorde ». Le naturel spontané du style, la saveur populaire de la langue, l'abondance et le réalisme des images ou des allégories, les explications, toujours proposées de la façon la plus modeste, voire de manière primesautière et humoristique, donnent à ce récit d'une expérience ascétique et mystique exemplaire un charme saisissant.
Le récit autobiographique se poursuit dans Les Relations, Les Faveurs de Dieu, Le Livre des fondations. Malgré son manque de culture intellectuelle ou théologique, que Thérèse ne cesse de rappeler, le Livre de la vie a pris place parmi les chefs-d'œuvre du Siècle d'or. Par l'audience qu'il a acquise, il surpasse ses autres écrits. Le petit traité d'oraison qu'il contient, toujours cité en modèle, témoigne du magistère spirituel de Thérèse d'Ávila, désormais reconnue officiellement par le titre de docteur de l'Église, décerné en 1970 par le pape Paul VI. « Avec les Confessions de saint Augustin, écrit Édith Stein, aucun livre de la littérature universelle n'est marqué comme la Vie de Thérèse du sceau de la vérité, aucun livre n'éclaire d'une lumière aussi pénétrante les plis secrets de notre âme, ni ne livre un témoignage aussi émouvant des „miséricordes de Dieu“. »
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