Adossé au grand escarpement du Drakensberg et dominant les riches plaines de la province sud-africaine de l'Orange, le Lesotho (0,1 p. 100 de la superficie du continent africain) est une région montagneuse, verdoyante et de climat tempéré. Il appartient à la catégorie de ces nombreux micro-États, issus de la décolonisation, qui paraissent voués à vivre à la remorque de voisins plus puissants. Totalement enclavé dans l'espace sud-africain, ce petit pays de 30 355 kilomètres carrés et d'environ 2 millions d'habitants (estimation de 2007) ne dispose que de ressources très limitées et dépendantes de ses relations avec l'Afrique du Sud. C'est dire à quel point sa participation à des intégrations régionales stables et efficaces, qu'il s'agisse de la zone douanière d'Afrique australe (la Southern Africa Customs Union, S.A.C.U.) ou de la communauté de développement d'Afrique australe (la Southern African Development Community, S.A.D.C.), constitue un enjeu essentiel qui conditionne le développement du pays. C'est aussi constater à quel point le Lesotho est dépendant du pays qui l'enclave et en subit toutes les évolutions, qu'elles soient perverses pendant la période d'apartheid ou vertueuses depuis la stabilisation du régime démocratique sud-africain au début des années 1990.
1. Un pays montagneux à la population homogène
L'altitude moyenne des basses terres (situées dans l'ouest du pays), qui concentrent l'essentiel des terres arables (30 p. 100 de la superficie du pays) et 56 p. 100 de la population (en 2001), est de 1 500 mètres, celle des hautes terres dénudées de 2 500 à 3 000 mètres, avec un sommet plus élevé, le Thabana-Ntlenyana, culminant à 3 482 mètres. Le Lesotho est le seul pays du monde dont l'altitude n'est jamais inférieure à 1 000 mètres. La moyenne des pluies annuelles se situe légèrement au-dessous 800 millimètres, avec seulement 300 millimètres dans les basses terres et, à l'inverse, 1 600 millimètres dans les hautes terres du nord-est. Les pluies tombent principalement d'octobre […]
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