Léon Chestov n'appartient à aucune confession particulière ; cependant sa réflexion se porte de préférence sur les problèmes religieux. Détaché des systèmes philosophiques et des acquisitions scientifiques, son propre drame fut celui d'une prise de conscience progressive du mystère. Le but de la philosophie, dira-t-il, est d'« apprendre à vivre dans l'inconnu ». Aussi l'audace est-elle la qualité fondamentale de ce philosophe ; elle l'introduit dans la zone de la tragédie, voie étrange dans laquelle il n'existe aucune possibilité de retour en arrière.
Né à Kiev, Léon Chestov (Lev Izaakovič-Schwarzmann), après des études de droit à l'université de Moscou, s'installa à Pétersbourg et obéit à sa vocation d'écrivain. Émigré en France en 1920, il poursuivit, jusqu'à sa mort à Paris, ses recherches de philosophie religieuse.
Chestov a subi l'influence de Pascal, de Nietzsche, de Dostoïevski, d'Ibsen, de Tchekhov ; Husserl lui donnera accès à Kierkegaard. Il a consacré à Berdiaev une importante étude : « Nicolas Berdiaev. La gnose et la philosophie existentielle », publiée dans la Revue philoso […]
