À Rome, les 9, 11 et 13 mai, un père de famille soucieux de ses devoirs devait se lever sur le coup de minuit. Pieds nus, il écartait de son chemin les ombres des morts en joignant le pouce aux autres doigts ; il se lavait les mains, puis jetait derrière lui, sans se retourner, des fèves noires que l'ombre du mort, lemur, était censée ramasser. Il se lavait à nouveau les mains et frappait sur une sorte de gong en disant : « Sortez, mânes de mes aïeux. » Après avoir répété neuf fois ce scénario, il pouvait se recoucher tranquille : les morts de la famille avaient cessé de hanter la maison.
Du 13 au 21 février se célébraient les dies parentales, les « jours des morts », qui culminaient le 21 avec la fête des feralia. On avait soin d'honorer les tombes et, surtout, on déposait au milieu des rues des tessons de tuile contenant un peu de vin, quelques grains de blé et de sel. Cette nourriture était destinée à apaiser les défunts.
Dans un cas comme dans l'autre, il est notable que les offrandes faites aux morts soient purement végétales. Dans la mentalité antique, l'offrande d'une victime animale était le signe d'une séparation par l'affectation […]
