Les Romains faisaient remonter l'institution du collège des vestales à Numa ou à Romulus (mais, pour beaucoup, la mère de Romulus était elle-même une vestale). Ces prêtresses, dont la chasteté et la virginité sont les garants mystiques et indispensables de la stabilité du culte de Vesta, occupent une place primordiale dans la religion traditionnelle, aux côtés des flamines et des pontifes. Ce sont les seules femmes qui, dès les origines de la ville, remplissent un sacerdoce officiel, et, pour leur permettre de se consacrer uniquement à la garde du feu sacré, un traitement leur est versé par l'État. Au nombre de six, ayant à leur tête la grande vestale (la plus âgée d'entre elles), et sous la tutelle du grand pontife, elles habitent pendant toute la durée de leur sacerdoce l'atrium de Vesta, à côté du temple de la déesse et de la Regia. Le soin qui préside à leur choix témoigne de la pureté absolue requise par leur fonction : elles sont « prises » par le grand pontife (le terme implique que le prêtre peut se passer de l'accord de la famille), qui les choisit parmi des fillettes âgées de six à dix ans, sans aucune tare physique et dont les parents, encore vivants, n'ont pas exercé […]
