Le 8 août 1908, les trois frères Bouyssonie découvraient dans une petite grotte de Corrèze, connue depuis 1905, le squelette presque complet d'un Néandertalien. Les observations réalisées au cours des travaux de dégagement leur permettaient d'affirmer qu'il s'agissait d'une inhumation volontaire. Ils apportaient la preuve que les Néandertaliens, artisans du Moustérien, considérés alors comme une espèce intermédiaire entre l'homme et le singe, enterraient leurs morts.
Le retentissement causé par cette découverte, qui divisa la communauté scientifique, fut tel que ce gisement acquit une renommée internationale à l'égal des quelques sites fondamentaux qui jalonnent l'histoire de l'humanité.
Paradoxalement, aucune nouvelle recherche archéologique n'y fut entreprise après 1908. Heureusement, la reprise des fouilles, en 1999, a apporté de nombreux éléments permettant de reconsidérer l'étendue du site et la durée de son occupation par les populations préhistoriques. Les résultats les plus importants sont la mise en évidence à proximité immédiate de la cavité qui livra la sépulture, d'une série de grottes contenant du matériel archéologique et des indices de fréquentation par les hyènes. Devant l'une de ces cavités, un niveau archéologique constitué par une accumulation d'industrie lithique, d'os brisés mais aussi d'os brûlés confirme de manière certaine que, contrairement aux interprétations admises jusqu'alors, le site a servi d'habitat aux Néandertaliens. En outre, des indices plus ténus et plus diffus mais incontestables attestent de la fréquentation des lieux à l'extrême fin du Paléolithique moyen ou au tout début du Paléolithique supérieur ainsi qu'à la fin du Paléolithique supérieur.
Jean-Pierre MOHEN
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