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L'AMOUR FOU, livre de André Breton

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2.  Scandale de l'amour

L'amour fut la grande affaire de Breton et des surréalistes : « Amour, seul amour qui soit, amour charnel, je t'adore, je n'ai jamais cessé d'adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle. » Affaire personnelle, vécue et rapportée dans ce récit en partie autobiographique (il y est question de la rencontre de l'auteur avec sa deuxième femme, Jacqueline Lamba) ; affaire théorique aussi, ou pour mieux dire éthique, à la fois poétique et politique. En ce sens, L'Amour fou pourrait être considéré comme un troisième manifeste du surréalisme. Le titre même a valeur programmatique : à une expression cliché, prise volontiers avec distance et ironie, l'auteur redonne sa pleine et entière signification. L'amour doit être fou comme tout véritable amour, c'est-à-dire libre, révolutionnaire, scandaleux, irréductible à toute règle sociale, toute loi rationnelle... surréaliste en somme. 

Ici comme dans Nadja, mais cette fois de manière plus « heureuse », la femme aimée initie Breton aux mystères du hasard. L'amour lui ouvre les portes d'un monde de coïncidences, d'analogies, de correspondances. Là, sous le patronage de la dialectique hégélienne, se réconcilient les contraires : amour unique et amours multiples (« dans tous ces visages de femmes qu'un visage : le dernier visage aimé »), hasards objectif et subjectif (« il arrive cependant que la nécessité naturelle tombe d'accord avec la nécessité humaine d'une manière assez extraordinaire et agitante pour que les deux déterminations s'avèrent indiscernables »), présent et passé (« le caractère minutieux du récit de quelque chose qui ne s'est pas passé »), fiction et réalité (« entre les événements que l'esprit s'est plu à agencer et les événements réels un incessant parallélisme »), etc. Et peut-être faut-il compter au nombre de ces antinomies résolues celle qui semble opposer le désordre de l'amour fou et de la « beauté convulsive » « érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle », avec son cortège d'images lyriques, sidérantes, violentes même, à l'ordre extrême de la phrase de Breton, complexe, précise, analytique, corsetée, archi-classique en un sens : « Seule, en effet, la référence précise, absolument consciencieuse, à l'état émotionnel du sujet au moment où se produisirent de tels faits, peut fournir une base réelle d'appréciation. C'est sur le modèle de l'observation médicale que le surréalisme a toujours proposé que la relation en fût entreprise. »

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« L'AMOUR FOU, André Breton » est également traité dans :

BRETON ANDRÉ (1896-1966)

Écrit par :  Marguerite BONNET

Dans le chapitre "L'expérience humaine"  : …   ; une fille, Aube, leur naît en 1935. Après les poèmes de L'Air de l'eau (1934), *L'Amour fou (1937), où l'écrit porté par l'existence même la commande à son tour, montre avec éclat un des caractères singuliers de l'œuvre de Breton : surgie tout entière de son expérience, mais aussi éloignée qu'il est possible de l'… Lire la suite

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