Paoustovski (Paustovskij) appartient aux écrivains soviétiques qui bénéficièrent encore d'une solide formation classique et d'une vaste connaissance de la littérature occidentale, surtout française. Il ne découvrit que plus tard « la littérature russe, la plus grande du monde peut-être, qui s'emparait de nos cœurs [...]. Mais Mérimée, transparent et froid, nous était plus accessible que le torturé Dostoïevski. » Par sa formation, son ouverture d'esprit, la variété de ses connaissances et une bienveillance innée, Paoustovski est un humaniste de la lignée de Tourguéniev, Korolenko, Tchékhov.
Né à Moscou dans une famille de l'intelligentsia libérale où se mêlaient les sangs polonais et russe, le catholicisme, l'orthodoxie et l'athéisme tolérant, fils d'un statisticien du réseau ferroviaire qui entraînait les siens dans ses fréquents déplacements, le garçon prit le goût d'une vie vagabonde. Ses grands hommes étaient Gorki du temps de ses errances, et Dekker (Multatuli), défenseur des Javanais exploités. La vocation d'écrivain se confondait pour lui avec un amour actif de l'humanité. Jeune, il fit de nombreux métiers : marin, p […]
