L'un des chefs de file de la Jeune-Allemagne — « école » littéraire qui n'a jamais vraiment existé, mais qui a servi d'étiquette pour justifier la répression qui s'est abattue en 1835 sur les écrivains et journalistes libéraux. Polémiste remarquable, influencé par Goethe, par Saint-Simon et par les utopistes, Gutzkow a édité un important journal de Hambourg entre 1838 et 1848 : Telegraph für Deutschland, feuille à laquelle Engels collabora sur son invitation. À son idéal libéral, Gutzkow restera fidèle jusqu'à sa mort, contrairement à beaucoup d'autres journalistes et écrivains de la même époque.
Le dramaturge et l'écrivain sont aujourd'hui presque oubliés. Mais les œuvres de Gutzkow intéressent encore les historiens des idées et des lettres. En 1835, il s'attaque, dans son roman Wally en proie au doute (Wally die Zweiflerin), au problème de l'émancipation sexuelle. Il le paiera de quatre mois de prison. Avec Les Chevaliers de l'Esprit (Die Ritter vom Geist, 1850-1851), un monumental roman en neuf tomes, Gutzkow, à la manière d'Eugène Sue, dresse un vaste panorama de la société berlinoise en 1849. Il crée là un genre nouveau : l […]
