3. La voix d'un passionné
La création de Vallès se fait dans des limites étroites : il ne peut sortir de lui-même, mais ce qu'il perd en étendue, il le gagne en intensité. Il ne parvient à inventer ni des situations, ni des intrigues ; il ne peint bien que ce qu'il a lui-même vu et vécu, mais il donne à ce tableau une vie prodigieuse. Piètre poète, médiocre dramaturge (sa pièce, La Commune de Paris, ne supporte pas la comparaison avec L'Insurgé), il a pleinement réussi dans le journalisme (en particulier dans la chronique) et surtout dans le roman autobiographique car il tire profit de toutes les ressources du genre et de toutes ses libertés. Ce roman subjectif a le frémissement de la vie. Dans une série d'instantanés qu'unit le flux d'une puissante sensibilité, il parvient à faire entrer les éclairs de sa colère, la ferveur de son engagement aussi bien que sa vision humoristique des choses, ou les échos de sa tendresse déçue.
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