Située aux confins de l'art et de la littérature, du masculin et du féminin, de la sculpture et de l'installation, de la performance et du multimédia, la démarche artistique de Jean-Michel Othoniel est difficilement classable. Si l'on devait néanmoins l'inscrire dans une généalogie esthétique, il serait possible d'évoquer ici l'importance d'une figure comme celle de Marcel Broodthaers. Utilisant tous les moyens, du livre (Un fantôme dans votre bibliothèque, 1994) à la sculpture, de la danse au CD-ROM (A Shadow in your Window, 1999), du cinéma (Beau comme la rencontre fortuite..., 1993) au travail in situ (Le Kiosque des noctambules, 2000, entrée de la station de métro Palais-Royal à Paris) ou au théâtre (Le Petit Théâtre de Peau d'Âne, théâtre du Châtelet, Paris, 2004), cette œuvre est protéiforme, glissante, rétive aux immatriculations.
Ce n'est pas une logique formelle qui a amené Jean-Michel Othoniel à utiliser, pendant près de dix ans, le soufre, mais une errance de type métaphorique, liée, pour une grande part, aux dangers des matières qu'il manipulait. En effet, depuis 1985 (il était alors étudiant à l'École nationale d'ar […]
