Né à Cherbourg le 4 décembre 1913, Jean Villain-Marais meurt à Cannes le 8 novembre 1998. Fort de l'amitié de Jean Cocteau, aguerri par une éducation qui lui avait appris à ne craindre ni la peur ni la douleur et à se sentir solidaire des autres, il a été porté par les ailes de la chance qu'il avait su apprivoiser. Ses débuts sur les écrans, notamment dans Le pavillon brûle (de Jacques de Baroncelli, 1941), puis Le Lit à colonnes (de Roland Tual, 1941) n'avaient guère été probants. Son rayonnement, sa présence royale, l'amalgame entre une triomphante juvénilité et son penchant pour le tragique s'imposèrent à la sortie de L'Éternel Retour (Jean Delannoy, 1943). La légende d'Yseult et de Tristan revue par Cocteau, auteur du scénario et des dialogues, bouleversa les spectateurs auxquels la critique emboîta le pas.
Très jeune, Jean Marais s'était présenté comme retoucheur chez un photographe. Mais le théâtre l'attirait. Recalé au Conservatoire, il demanda à être figurant chez Charles Dullin pour suivre les cours que ce dernier y dispensait. C'était en 1936. L'an d'après, Jean Marais rencontre Jean Cocteau. Commence alors la randonnée dans les étoiles que fut la vie du comédien. Il y déploie une énergie farouche et une volonté alliée au goût du risque qui le font triompher de tous les obstacles. Il pratique les vertus de la patience qui vont lui permettre d'endurer pendant le tournage de La Belle et la Bête, en 1945, cinq heures de maquillage quotidien. Il ne se départit jamais d'une modestie authentique : « Je crois surtout que mon physique de jeune premier a correspondu mystérieusement au goût vague et passager d'une époque et l'a fixé, cristallisé pour un temps. » Son souci : maîtriser une voix un peu voilée qui, aux dires de Cocteau, évite autant le ton familier que l'intonation poétique, mais qui surprend l'auditeur et l'irrite avant de l'engourdir à la façon d'une mélopée.
Au théâtre, Jean Cocteau, son auteur de prédilection, l'a installé dès 1938 dans les scandales bien parisiens des […]
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