3. Le Troisième- ou Trito-Isaïe et autres auteurs d'après l'exil
Le ou les auteurs des chapitres lvi à lxvi se situent après l'exil ; le Temple est reconstruit et la communauté jérusalémite connaît une période de relâchement et de découragement. Les promesses divines tardent à se réaliser ; il s'ensuit diverses défaillances et une certaine inquiétude. Le message des continuateurs de l'école isaïenne, comme celui du prophète Malachie au ve siècle, permet de comprendre combien une réforme du judaïsme se révèle nécessaire ; elle sera entreprise un peu plus tard par Esdras et Néhémie.
Parmi les textes de la fin du Livre d'Isaïe, signalons une longue complainte collective (chap. lxiii et lxiv), une leçon sur le véritable jeûne réclamé par Yahvé (chap. lviii), des promesses adressées à Jérusalem, qui rappellent le message du Second-Isaïe et constituent une sorte de théologie sioniste (chap. lx à lxii).
Il faut encore noter une œuvre tardive – elle date du ve ou du ive siècle probablement et annonce le genre apocalyptique –, formée par les chapitres xxiv à xxvii d'Isaïe et appelée « la grande apocalypse ». Il s'agit d'un ensemble complexe, sorte de cantate ou de liturgie prophétique, qui célèbre l'humiliation définitive de la cité du mal (peut-être Babylone, détruite en 485 par Xerxès) et annonce le jugement du monde, l'établissement du règne de Dieu et la victoire de Yahvé sur les puissances célestes et terrestres. L'auteur y affirme en particulier le triomphe du Dieu d'Israël sur la mort (chap. xxv). Cette apocalypse confirme à sa manière la prédication du premier Isaïe en exaltant la gloire de Yahvé et sa souveraineté sur toute autre réalité.
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