3. Les palpitations de la vie
Si l'on voit s'affiner chez Claus une sobriété langagière grandissante, son style est toujours fruste, voire parfois cynique, comme le montre le recueil de nouvelles Het laatste bed (Le Dernier Lit, 1998). « Le récit duquel le recueil tient son titre, précise L'Humanité du 20 mars 2003, est peut-être le plus caractéristique de l'évolution de l'art d'Hugo Claus, de son abandon d'un récit baroque et foisonnant pour une narration plus épurée, par là même plus crue. »
L'auteur, au demeurant, ne se soucie guère des implications techniques. Qu'il écrive en prose ou qu'il choisisse la poésie, son seul souci tient à ce qu'il nomme « la logique lyrique » du travail spontané ou intuitif. Et malgré les dénégations souvent exprimées par Claus, il n'en demeure pas moins que l'œuvre porte une vision du monde, vision on ne peut plus vitaliste, voire organique. C'est dire que l'univers de Claus constitue un corpus en chair et en os, un espace à la fois immense et confiné, où le lecteur est confronté à toutes les palpitations de la vie. Cruauté et tendresse y vont côte à côte, douleur et euphorie aussi. Qu'il s'agisse de prose, de poésie, de théâtre, de scénarios de films ou de bandes dessinées et de livrets d'opéra, la thématique de Claus est à jamais dominée par les pulsions humaines les plus élémentaires.
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