« Patriote ardent, au courage exceptionnel, a, dès la première heure, mis son activité totale au service de la Résistance française. Toujours à la pointe du combat, s'est attaché à forger les armes de la délivrance en créant, malgré les pires dangers, une organisation de propagande et de lutte contre l'ennemi, qui a acquis des titres impérissables à la reconnaissance de la Nation. » Cette citation accompagnait la décision attribuant à Henri Frenay la croix de compagnon de la Libération. Signée par le général de Gaulle, à Londres, le 13 mars 1943, au bénéfice de Nef – l'un des pseudonymes de Frenay –, elle marquait le rôle exceptionnel du créateur du mouvement Combat, qui permit aux résistants métropolitains d'organiser leur action en fonction d'un triple objectif : le renseignement, la propagande et la lutte armée.
Né à Lyon, le 19 novembre 1905, Henri Frenay, fils et frère d'officiers, saint-cyrien, avait choisi la carrière militaire. Sous-lieutenant à vingt et un ans, capitaine en 1934, il appartenait – sans le savoir, écrivit-il – à la « droite française, traditionaliste, pauvre, patriote et paternaliste ». Toutefois, la montée des périls, avec les progrès du IIIe Reich et l'action des nazis dans la guerre d'Espagne, mit peu à peu, entre lui et son milieu « une invisible mais pesante barrière ». Pour ce diplômé du Centre des hautes études germaniques de Strasbourg, qui avait lu, dans le texte, le manifeste de Hitler, Mein Kampf, et compris l'objectif d'une domination aryenne sur des races esclaves, les dangers du nazisme étaient évidents. Ses yeux avaient été ouverts par ses professeurs, en Alsace, comme par les personnes que lui avait fait connaître, à Paris, son amie Bertie Albrecht, qui devait mourir dans une cellule de la Gestapo, en 1943.
Évadé dès la fin de juin 1940, le capitaine breveté d'état-major Frenay est affecté au bureau de garnison de l'armée d'armistice, à Marseille. Il y conçoit son mouvement de la résistance où, à partir d'une plaque tournante (p […]
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