Fils du physiologiste Pierre Flourens, Gustave Flourens devient professeur au Collège de France, puis secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Licencié ès lettres et ès sciences, il est suppléant de la chaire de son père au Collège de France. Son enseignement matérialiste et antibonapartiste fait scandale et est arrêté au bout d'un an. Il séjourne alors à Londres, en Belgique, en Turquie, en Grèce et en Crête, où il participe à l'insurrection de 1866. Revenu à Paris en 1868, il collabore à La Marseillaise de Rochefort et participe à la manifestation qu'est l'enterrement de Victor Noir. Condamné par contumace, après la manifestation du 7 février 1870, il vit en Hollande, en Angleterre, en Allemagne, puis en Grèce. Il revient en France à la chute de l'Empire. Chef des bataillons de Belleville, il devient un des principaux meneurs de l'insurrection du 31 octobre. Arrêté et emprisonné, il est libéré en janvier par un commando dirigé par son ami Cipriani ; il est condamné à mort par contumace. À l'avènement de la Commune, il en est élu membre et participe à la commission de la Guerre. Le 3 avril, il prend part à une offensive contre Versailles. Flourens parvient à Rueil avec une poignée d'hommes. Las et découragé, il refuse de refluer vers Paris. Il part au hasard le long de la Seine. Caché dans une chambre, près du pont de Chatou, il est dénoncé. Le capitaine des gendarmes Desmarets le tue d'un coup de sabre. À sa mort, le « Beau Flourens » devient le personnage de légende qu'il avait rêvé d'être. On célèbre son courage, et sa tombe devient lieu de pèlerinage. Figure sympathique, exaltée, courageuse, il est le symbole d'un romantisme révolutionnaire, aimant la mort plus que la vie, l'esthétisme de l'action plus que les réalisations, les coups d'éclat plus que les stratégies calculées, l'improvisation plus que la science.
Jacqueline BROSSOLET
Retour en haut



