Engagée depuis la fin du xixe siècle en Extrême-Orient, la Russie cherche à occuper la Mandchourie et à élargir son influence en Corée, où ses intérêts se heurtent à ceux du Japon. L'échec des négociations entre les deux États, en 1903, précipite le conflit. En février 1904, le Japon détruit la flotte russe en rade de Port-Arthur. L'armée japonaise, plus moderne, vient facilement à bout de l'armée russe éloignée de ses bases (le Transsibérien n'est pas encore achevé) : les défaites de Vladivostok en août 1904, de Moukden en mars 1905 puis celle de Tsushima en mai 1905, qui anéantit la flotte russe de la Baltique venue en renfort, conduisent logiquement au traité de Portsmouth en septembre 1905, dont les clauses ne sont pas si défavorables que cela à la Russie. Le Japon y gagne le droit de s'implanter en Corée, en Mandchourie et d'annexer le sud de l'île de Sakhaline (des émeutes éclatent à Tōkyō lorsqu'on apprend que le nord de Sakhaline ne sera pas occupé !). Les principales conséquences sont en fait ailleurs : d'une part, dans la crise politique qui naît alors en Russie ; d'autre part, dans l'événement que constitue, pour la première fois dans l'histoire contemporaine de l'Extrême-Orient, la défaite d'un peuple blanc devant un peuple de couleur.
Photographie
Soldats russes Des soldats russes lors de la guerre russo-japonaise, en 1905.
Crédits: Hulton Getty Consulter
Sylvain VENAYRE
Retour en haut



