2. Une succession de migrations
Le trait historique majeur des peuples germaniques durant la période antique (iiie s. av. – ive s. apr. J.-C.) est déjà leur extrême mobilité, qui aboutira aux Grandes Invasions. Les Germains sont les initiateurs et les principaux agents des migrations qui affectent le continent européen. Comme l'ont parfaitement reconnu les plus anciens historiographes, la Scandinavie et, à un moindre degré, les régions septentrionales de l'Allemagne actuelle furent durant plus d'un demi-millénaire « comme un atelier de peuples ou une matrice de nations », pour reprendre l'heureuse expression du Got Jordanès (vie s.). L'historien moderne distingue et classe ces pulsations successives plus qu'il ne les explique vraiment ; le rôle de facteurs climatiques, souvent invoqués, reste possible, mais obscur. En tout cas, il faut souligner qu'aucun peuple n'exerçait alors de pression sur les pays nordiques d'où partirent les premières migrations. Ce n'est qu'ultérieurement, en Europe centrale, à partir du iie siècle de notre ère, que des nomades venus des steppes eurasiatiques exercèrent une action non négligeable sur le déclenchement des expéditions en territoire romain.
• Des envahisseurs inorganisés
Les premières apparitions des Germains dans le rôle d'envahisseurs se placent au iiie siècle avant notre ère, quand les Bastarnes et les Skires, traversant l'isthme européen entre la Baltique et la mer Noire, se présentent devant les villes grecques situées entre la Crimée et le delta du Danube. Ce mouvement est sans doute lié aux grandes migrations celtiques qui affectent alors l'Europe centrale ; il n'a guère de conséquences. Puis, à la fin du iie siècle avant J.-C., débute l'épopée des Cimbres, des Teutons et des Ambrons. Venus probablement de la péninsule jutlandaise, ils entreprennent vers 115 avant J.-C. une « marche à la Méditerranée », sans préparer ni éclairer leur migration. D'abord ils bousculent les Celtes d'Europe ce […]
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