Fils naturel du conquistador Sebastián Garcilaso de la Vega et de la princesse inca Isabel Chimpu Ocllo, Garcilaso naquit au Cuzco, ancienne capitale de l'Empire inca. Baptisé sous le patronyme de Gómez Suárez de Figueroa, il n'adopta qu'en 1561 le nom de son père, sous lequel il s'illustra dans les lettres. En compagnie de sa mère, il grandit dans la vaste demeure paternelle jusqu'en 1549, date à laquelle son père épousa une jeune noble espagnole, et donna sa mère à un de ses écuyers. Les dix premières années de Garcilaso furent décisives pour sa culture, car il les passa dans la familiarité des nobles incas, parents de sa mère, et il y pratiqua le quechua comme sa langue maternelle. Après la mort de son père, le jeune homme partit en 1560 pour l'Espagne. Il ne devait plus jamais retourner au Pérou. Garcilaso s'installa d'abord à Montilla, chez son oncle don Alonso de Vargas ; il y demeura en permanence jusqu'à la mort de celui-ci, en 1570 ; de courtes interruptions à l'occasion de campagnes militaires n'empêchent pas ces années-là d'être studieuses. Il resta à Montilla jusqu'en 1588, et c'est durant cette période qu'il traduisit les Dialogues d'amour (publiés seulement en 1590) d'un juif portugais connu sous le pseudonyme de Léon l'Hébreu. Garcilaso était d'ailleurs à la fois homonyme et proche parent du plus grand poète lyrique de la Renaissance en Espagne et également du poète cordouan Góngora.
Si les contemporains ont surtout admiré l'histoire de la conquête de la Floride (connue sous le titre de La Florida del Inca, 1605), élaborée par Garcilaso à l'aide du récit d'un ancien lieutenant du conquistador Hernando de Soto, Gonzalo Silvestre, la postérité n'a guère retenu de lui qu'un monumental ouvrage, les Comentarios reales, dont la première partie parut en 1606. Dans cette vaste histoire de l'Empire inca, Garcilaso s'est efforcé de concilier l'héritage culturel paternel et maternel. La seconde partie, publiée en 1617 (donc posthume), sous le titre de Historia general de Perú, qui relate la conquête du Pérou par Pizarre […]
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